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Le quartier de SAUNY

Le quartier de SAUNY

Jusque dans les années 60, Sauny n'était qu’un petit hameau de quatre foyers : deux fermes et deux maisons. Une de ces fermes a la particularité d’avoir la maison d'habitation sur Pierres et les bâtiments sur Maintenon. Une maison a disparu, c'était une chaumière, il en reste une cave très bien conservée.
En aoÛt 1887, Sauny connaît un changement dans son paysage, puisqu'une ligne de chemin de fer reliant Dreux et Maintenon est mise en service. Elle sera prolongée jusqu'à Auneau en 1892. La locomotive à vapeur tirant des wagons de voyageurs ou de marchandises faisait des pointes de 40 à 59 km/heure. Le passage des quelques trains quotidiens rythmait la journée des hommes qui travaillaient aux champs (nombreux à cette époque) ou celle des enfants du hameau qui, allant à pied à l'école située à l’époque dans les locaux de la Mairie, prenaient un raccourci par la sente qui passe sous le pont qui soutient la voie vers Rocfoin. ils disaient alors: Voici le train, il faut faire vite si l'on ne veut pas être en retard

Cette ligne a eu son heure de gloire et de nombreuses stations avec leur petite gare furent construites dans les villages ou bien sous forme de maisonnettes très typiques à l’écart des habitations. C'es maisons de "garde barrière" existent toujours et ont été rachetées. Le résident était averti un certain temps avant le passage du train par une forte sonnerie, il devait alors à l'aide d'une manivelle rabattre les barrières, stoppant les véhicules ou les vélos et le train passait. fi remontait les barrières et la route reprenait ses droits. Hélas, les automobiles se firent de plus en plus nombreuses, le train moins fréquenté et la ligne ferma le 20 avril 1940 pour les voyageurs. La desserte marchandises Nogent-le-Roi/Maintenon (11,1 km a fonctionné jusqu’en 1972, elle servait au transport d’engrais, de sable, de gravier ou de céréales pour la minoterie du moulin de Villiers.
Sauny, situé sur le côteau (une des deux rues qui composent le hameau en porte le nom) était couvert de nombreuses parcelles de vignes. Chacun y faisait son vin (de médiocre qualité!) pour sa consommation personnelle. Vers les années 1865, la vigne fut touchée par le phylloxéra, une maladie dévastatrice due à un parasite qui s'attaque aux racines de la vigne. Les propriétaires durent arracher leurs ceps et plantèrent alors des pommiers à cidre.
Vers 1962 un premier pavillon se construit, peu à peu les vieux pommiers sont arrachés, les parcelles vendues en terrains à bâtir et dans les années 1970-75, le hameau se développe. Aujourd'hui, 62 maisons composent le lieu-dit, on n'y boit plus de vin de sa vigne, plus de cidre de ses pommiers, le petit train n’y siffle plus, mais la vue sur la vallée y est superbe et il fait bon y vivre dans une ambiance conviviale dont témoigne la fête du quartier instaurée à y a deux années.